
José María de Heredia y Girard
(1842-1905)
Antoine et Cléopâtre Tous deux ils regardaient, de la haute terrasse,
Et le Romain sentait sous la lourde cuirasse,
Tournant sa tête pâle entre ses cheveux bruns
et sur elle courbé, l'ardent Imperator
|
Après Cannes Un des consuls tué, l'autre fuit vers Linterne
En vain le Grand Pontife a fait un lectisterne
Et chaque soir la foule allait aux aqueducs,
tous anxieux de voir surgir, au dos vermeil
|
Le tombeau du conquérant A l'ombre de la voûte en fleur des catalpas
Un vil tombeau messied à de pareils trépas.
Il dort au lit profond creusé par les eaux vierges.
Puisque le vent du Nord, parmi les cyprières,
|
Les conquérants Comme un vol de gerfauts hors du charnier natal,
Ils allaient conquérir le fabuleux métal
Chaque soir, espérant des lendemains épiques,
ou penchés à l'avant des blanches caravelles,
|